Mercredi 22 février 2012 3 22 /02 /Fév /2012 11:00

[Histoire de placer un nouvel article, au risque de squatter, et au risque de "m'obliger" à publier mon (ou mes)* autre(s) compte-rendu(s).

*J'ai celui du 17/09, et j'aurai peut-être celui du 18/02]

De l'action. Du sexe. Du suspense... Rien de tout ça dans ce nouveau récit. A moins de ne pas être trop difficile concernant l'action. Du coup va falloir que j'assure avec les photos, (m'étais-je dis alors).. 

Cette année, l'idée de passer la soirée du 14 juillet à la Bastille me plaisait. Je me suis donc levé à 6h pour arriver assez tôt dans la capitale de la France, en souhaitant me garer du côté de l'Hôtel de Ville. J'avoue que je voulais voir ce que donnait le défilé aérien depuis là-bas, moi qui vois habituellement les avions passer au dessus de ma tête et des Champs depuis les champs de par chez moi. (Il y a des champs de par chez moi, mais le par chez moi ne se cultive pas). Pour conclure cette introduction - à défaut d'avoir conclu autre chose en ce qui concerne ce 14 juillet (à moins que...) - j'ajouterai que je comptais me joindre, une nouvelle fois, aux... Ah merde, faut pas dire le nom.

Trajet impeccable jusqu'aux tous derniers kilomètres où je me suis planté. Pas grave, puisque je m'y retrouve assez vite et, tiens, je me gare au même endroit qu'en août dernier pour le festival FNAC Indétendances. Rue de la Tâcherie. Ca me va bien. Une des rares rues de Paris à ne pas être gratuite en août, week-end et jours fériés. C'était l'époque où je pouvais encore me vanter de ne pas payer le stationnement. Mais tant pis, j'y reste. Ca ferait quoi ? 11€ ? Peut-être 11 + 11 + 11. Zob. (Quand même un peu de suspense).

Je m'installe sur des marches, à la limite des Tuileries, près de la grande roue. Parce que c'est difficile d'aller plus loin (pour cause de barrages) et que ce serait inutile. A ma gauche, une dame parle toute seule, mais aussi volontiers aux gens pour leur expliquer comment ça se passe, cause qu'elle doit venir tous les ans.

Après ma précédente journée parisienne, m'étant trouvé mauvais à ne pas être foutu de comprendre les conversations en espagnol ni d'être à l'aise pour répondre à une américaine, j'ai été assez motivé pour empreinter des bouquins de vocabulaire et/ou de conjugaison en anglais et espagnol. J'ai été moins motivé pour aller au-delà de la page 40 du livre sur l'espagnol. Par contre, je l'ai été assez pour regarder The Truman Show dans cette même langue et réécouter le 1er album solo de Manu Chao. Mais tout ça ne m'est pas d'une grande aide. Surtout là : J'ai de l'américain à ma gauche, une langue asiatique à ma droite, et une langue de l'Europe de l'est devant. Puis j'ai mal au cul. Je suis arrivé vers 8h30, soit 2h avant les avions, et j'ai l'impression qu'au loin, à la Défense, ils ont eu le temps de construire une nouvelle tour.

Les avions arrivent, les gens sont contents. Les avions sont passés, je me casse. Youpi.

 

Paris140711-1

 

Je me retrouve un peu plus tard sur la rue des Ravioli, fermée à la circulation. Il y a du monde sur les trottoirs. On va avoir droit au défilé. Et effectivement, ça défile. Les militaires, comme les pompiers mais un peu moins, quand même, sont applaudis. Pourquoi pas. Maintenant, (vers midi), direction Belleville, où le rendez-vous avec les mm-mm-mm est donné pour 13h. Je m'y rends par la rue du Temple, me disant que cette rue pue la pisse avant même que mon odorat ait l'occasion de me donner l'information. J'arrive à Belleville peu avant 13h. Il y a quelques personnes, dont un gars sympa avec qui j'avais discuté en juin, et avec qui je remets ça, et quelques têtes que je "reconnais". A un moment il est question de faire des binômes. Je m'éloigne de quelques pas. Après comptage, il est constaté qu'il y a, sans moi, 18 personnes, et décidé qu'il faut faire trois groupes de six, puis des échanges de numéros de téléphones. Je m'éloigne de quelques mètres. Bon, tout ça, c'était pour les gens de l'organisation, mais quand même. Vers 14h, il y a du monde, ça discute. Je laisse mon mail à un monsieur qui me propose de m'envoyer de quoi faire un badge. Certains moments de faiblesse me rendent sympa. Des militaires véhiculés passent et se font un peu huer. J'ai trouvé ça plutôt ridicule. Limite j'avais un peu de peine pour eux. Comme quoi, sous le bloc de bêton glacé, il y a un coeur qui bat. Parmi la foule, pas une seule de mes trois "copines" du 19 juin. Par contre, et ça n'a rien à voir, des gens avec des drapeaux palestiniens, appelant au boycott d'Israël, seraient du défilé. Je ne connais pas grand chose de ce qu'ils demandent, de cette cause, (ce qui ne veut pas dire que je sois insensible au fait qu'il y ait des gens qui morflent), et c'est peut-être pour ça que j'étais beaucoup moins à l'aise qu'en juin. C'est con, parce que je crois que j'ai été beaucoup plus filmé ce jeudi qu'au précédent défilé.

 

Paris140711-2

 

Direction Richard Lenoir/Bastille, via Ménilmontant, (c'est moche), et la rue de la Roquette avec un passage près du Père Lachaise, où j'ai eu une pensée pour... Une amie que je n'ai pas connue. J'ai été tenté de me casser du défilé pour aller "la voir". Rue de la Roquette, des gens scandent "Police partout, justice nulle part". Faut arrêter avec ça, non seulement "Police partout" c'est pas vrai - j'aimerais bien avoir de temps en temps sous ma fenêtre ne serait-ce qu'un centième des effectifs qui étaient déployés à Notre-Dame le 19 juin - mais en plus, depuis le début de la marche, il n'y a pas eu de flic - en uniforme, en tous cas. Enfin, au moins, on échappe à "Machin t'es foutu, les bidules sont dans la rue".

On arrive à Bastille vers 15h30. Quelques chose me tracasse... Je m'absente une quarantaine de minutes, le temps d'un aller retour pour voir si j'ai un PV. Au retour, je discute avec une dame d'ATTAC et puis, merde, je remonte la rue de la Roquette jusqu'au Père Lachaise, où plutôt jusqu'à la tombe de Soph'. C'est un peu ridicule. Tiens, la tombe de Mano Solo est à côté. Entre celle de la marquise, donc, et celle de Claude Chabrol. Une dame, voyant cette dernière, dit qu'elle est contente. Cool pour lui. Les gens qui s'arrêtent le font pour Chabrol ou pour Mano Solo. Eh, et Sophie de Grouchy, c'est de la merde ?

Retour à Bastille. Oh !? Y a du monde sur les marches de l'Opéra, dont des gendarmes, en haut, prêt pour un éventuel balayage. Mais l'assemblée se tient normalement. C'était sympa, avec des interventions de gens de divers endroits de France, mais aussi d'un liègeois, un allemand, une chilienne, un américain, et bien sûr des espagnols.

 

Paris140711-3

 

Tiens, qui vis-je ? "Mon" espagnole. Histoire d'avoir des choses à ne pas raconter dans ce qui n'était alors qu'un éventuel récit, je pars dans sa direction. Mais en route, je m'arrête et cause avec deux jeunes gars bien sympas. La conversation terminée, je m'dis que merde, il faut que je la retrouve, maintenant. Est-elle toujours sur la droite ? Non ! C'est ma voisine de gauche. Coquina. Elle parle, mais pas toute seule, et en espagnol. Est-elle belle ? Encore pas sûr. Nos regards se croisent, s'accrochent un chouïa plus que les autres fois. Ou un chouïa mieux. Peut-être un moment de faiblesse pour elle, j'ai droit à un léger léger sourire, qui s'envole. Mon "bonjour" passe à côté de ses ojos. Elle s'en va un peu plus tard. Nous autres ne nous laissant pas à balayer aux gendarmes, nous en allons à 19h, juste à côté, car ce n'est pas interdit. Un couple argento-brésilien m'intérroge. Je me débrouille en anglais, mais merde, je suis loin d'être au point.

Mangeaille, discutaille, dansaille... Ca se passe plutôt bien. Négociations avec les policiers/gendarmes qui ne veulent pas d'installation de tentes pour la nuit, mais qui veulent bien que les gens restent dormir, avec couverture. "Comme des SDF". C'est cool, on accepte les SDF.

Je me casse vers 22h, histoire de voir le feu d'artifice depuis les quais, après le Pont Neuf. Enormément de monde dehors. Le feu d'artifice ? Mouais, un feu d'artifice, quoi. [...]* Allez, direction ma bagnole. Toujours pas de PV, ouf. Mais je vais perdre 5 litres d'essence en manoeuvrant. Pas de cadeau pour le pare-choc de derrière. Putain, il y avait du monde sur les Champs.

 

Paris140711-4

 

*Et si j'en racontais un peu plus, finalement ?..

Notre très courte conversation l'a remuée. Peu avant 22h, elle a décidé qu'avant son départ le lendemain pour l'Espagne...

Qu'est-ce qu'elle risquait ? De toutes façons on ne se reverrait plus. Elle repasse discrétement par Bastille. Elle savait que je comptais aller voir le feu d'artifice. Arrivée sur les quais, mierda, puta ou je ne sais quoi, y en a du monde. Plein les ponts. Elle marche, elle cherche. Plus la botte de foin est épaisse, plus elle s'obstine pour tirer son épingle du jeu. Puta, puta... Il y a même des gens qui descendent sur les quais. Elle stoppe en haut des escaliers, juste après le Pont Neuf. "Quisas..." C'est ce qu'un monsieur, là avec sa femme, l'entend dire. Quisas, (dit le monsieur) ? Elle ne s'était pas rendu compte qu'elle avait parlé tout haut. Un très court échange dont le contenu m'échappe, (si seulement j'avais tout noté les jours suivants), hormis qu'elle ait reconnu, un peu gênée, qu'elle cherchait quelqu'un, un garçon, gênée comme si tout le monde pouvait deviner à quel point elle ne le connaissait pas, et pourquoi, et pour quoi elle le cherchait, et ce monsieur, c'est si étrange, qui l'a convaincue qu'elle devait descendre, aller voir, suivre son instinct, son intuition qui l'a stoppée en haut de ces marches.

Presque 22h30. J'attends le début du spectacle pyrotechnique, "subissant" celui de deux américaines bourrées, qui dansaient dangereusement au bord de la route. Et puis...

Une présence. C'est elle, là, qui arrive. Ah, merde, j'aurais dû noter en juillet, quand je savais comment raconter les minutes qui ont suivi, sans vouloir raconter les heures. J'avais les mots, je ne les ai plus, et je n'arrive pas à me concentrer. C'est moche, parce que c'était beau.

Bon bah, je publie comme ça, hein ?

 

Trinita 

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Commentaires

ben oui! tu publies comme ça!
et moi, j'lis comme ça ! c'est bien ; c'est comme le bon vin .
Plus qu'c'est vieux, plus qu'c'est bon!
Commentaire n°1 posté par lucifer! le 24/02/2012 à 19h52
C'est beau, Trinita, tu renoues avec le fil de l'amour ! back to the roots !
Continue de nous délivrer tes comptes-rendus sans craindre de squatter (qu'est-ce que je devrais dire), la crique c'est un blog collectif. Et comme en ce moment Aslan est en mission secrète, que Mob' est au théâtre et que moi je me repose de ma dernière série sur le 911, il ne reste plus que toi (Lucifer a une dérogation).
Mais ne te stresse pas, hein, tu sais bien que le temps de la crique n'a rien a voir avec celui du net en général. Au plaisir de découvrir les autres épisodes !
Commentaire n°2 posté par Bourreau fais ton office le 26/02/2012 à 00h13
Merci...
C'est pas que je crains de squatter, mais bon... :)
Et puis, je ne me fais pas prier pour les publier, surtout maintenant que je suis reporter envoyé spécial de la Crique.
Bon, je laisse un petit moment à la cave celui du 17/09, et je mets en bouteille celui du 18/02, pour voir ce qu'il donne. S'il y a de quoi faire, il suivra.
Commentaire n°3 posté par Trinita le 26/02/2012 à 10h29
une dérogation ?
mais qu'est-ce que ça veut dire ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?.........
Commentaire n°4 posté par lucifer! le 27/02/2012 à 19h53
Ou alors une excuse, compte tenu des limites techniques de ton parc informatique qui t'empêchent de poster quelque article sur la crique. Mais tu comble parfaitement cet inconvénient en ne ménageant pas ta peine ds les commentaires ;)
Commentaire n°5 posté par Bourreau fais ton office le 28/02/2012 à 18h28
Des excuses ! mon PC réclame des excuses !
Et ce n'est pas la première fois que tu le traites avec condescendance !
Et après, il me boude , par ta faute !!!
Comment veux-tu que j'en tire le meilleur ?
Commentaire n°6 posté par lucifer! le 28/02/2012 à 19h22
Dites-donc, lire "compte tenu des limites techniques de ton parc informatique qui t'empêchent de poster quelque article sur la crique" juste après avoir lu le "charmante véto toute de vert vêtue" de Gwendal, et ben, et ben... Je sais pas comment finir cette phrase.

Lucifer,
Une évocation des (éventuelles) limites de ton parc informatique - qu'il ne m'en veuille pas - a au moins le mérite de donner une possible explication - là vous vous dites peut-être comme moi que je me suis encore lancé dans une phrase à la con - une possible explication, disais-je, du fait que tu sois la seule criquéenne "active" (dans les commentaires) à n'avoir jamais publié un article. Ce n'est pas un reproche, hein, juste une remarque. Pas d'embrouille.
Waouh, ça m'a crevé d'écrire tout ça. J'vais m'coucher.
Commentaire n°7 posté par Trinita le 28/02/2012 à 23h05
"La chhhharmante véto tout de vert vétue ..." va voir chez Gwen ce que j'en pense ...infoutue de détecter la véritable origine du mal ...
Commentaire n°8 posté par lucifer! le 29/02/2012 à 20h16
Compte tenu des limites techniques de la charmante veto toute de verts vêtue, mon Mac ne formulera aucune excuses à l'adresse de ton PC, c'est sa faute si on a pas encore pu lire un article signé Lucifer, ton PC te censure !

Mais en fait t'en aurais pas déjà posté un ? je me souviens d'un poème non signé, on s'est tous demandé de qui c'était, une histoire d'avion-taxi si je me souviens bien, j'ai cru reconnaître ta patte.
Commentaire n°9 posté par Bourreau fais ton office le 29/02/2012 à 23h57
A trois minutes près, ce n'était pas moi, mais là...

Crrrr. Ca y est. Crrrr. Voilà : Crrrr. Je suis le premier criquéen à poser un commentaire sur mars. Crrrr. C'est un petit post pour l'Humanité.fr, mais c'est un grand post pour PifGadget.

C'et bon, on peut reprendre la conversation "normale".
Commentaire n°10 posté par Trinita le 01/03/2012 à 22h33
"......Bois ton thé,
Contemple le vent
Et chevauche les dunes ...

Plus importants sont les rires et les partages...

Regarde, le vent s'apaise et respire,
Le cheval trépigne ,
La vitesse est caresse ,
Tu as toute la vie pour savoir
la sagesse,
Toute la vie pour aimer ... "

Extraits d'un très ancien poème berbère . (que je préfère )
Commentaire n°11 posté par lucifer! le 04/03/2012 à 15h59
Par NoUs

WHO?

NoUs... sometimes.

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