Amis, alors que j’avais l’intention de vous poster une seconde lecture au cabinet concernant « World War Z : une histoire orale de la guerre des zombies », chronique qui viendra d’ailleurs, v'la t'y pas que je me suis trouvé projeté vivant dans le genre littéraire et cinématographique qu’il décline, le récit de zombies.
Bien, et même puisque, je ne sais pas encore ce qu’il va sortir de cette expérience, je m’en vais vous la narrer. Ainsi mis dans mon bain (pas celui avec la bouboule moussante, celui-là est d’un autre genre) j’espère que vous pourrez m’aider à en tirer la substantifique moelle, de celle que sucent nos potes les morts-vivants.
Il vous faut d’abord savoir, rappelez-vous mon billet d'acriquage, que j’apprécie particulièrement le genre et que j’en ai mené une petite exploration. Rien de maniaque ni rien d’exclusif (j’ai l’intérêt très relatif), mais au fil des années j’ai pu à la fois voir une bonne partie des incontournables et un certain nombre des curiosités du domaine.
Le zombie, donc, m’est devenu familier. Et tout comme à l’époque ou je me gavais de Tétris mon cerveau essayait d’emboîter tout ce qui passait dans mon champs visuel, il m’arrive régulièrement de me demander comment un architecte imbécile à pu concevoir un bâtiment si peu barricadable,
ou encore si, in fine, un piolet n’est pas un peu trop difficile à extraire d’une boite crânienne pour s’ériger en must-have du survivant de l’apocalypse zombie.
Ainsi disposé il m’en fallait peu, convenons-en, pour m’approcher du mythe en expérience.
Le trip à commencé quand je me suis fais suçonner à mort par mon nouveau né, qui n’avait pour programme que de têter, têter, têter, mais pas n’importe quoi s’il vous plait, de l’humain ! et pour s’en nourrir.
J’ai alors commencé à m’inquiéter du fait que ses cris de faim pourraient attirer ses semblables, mais cette inquiétude m’a rapidement quitté. Par un phénomène de contagion ou de possession l’étrange lumière s’est en effet focalisé sur moi lorsque j’ai trouvé malin de me faire arracher une molaire:
Quoi qu’il en soit réellement ma bouche m’à alors paru ressembler à ce magnifique et véridique site d’expérimentation pour charcutier traitant de l’extrême:
Cette image m’avait peut-être traversé l’esprit lors de l’extraction récente d’une dent de sagesse toute explosée, mais elle ne m’avait pas frappé comme elle me frappait rétrospectivement maintenant que ma bouche, dans ma représentation homonculaire, était devenu un truc comme ça :
Bien.
A ce stade je me trouvais également pourvu, vous vous en seriez doutés, d’une fulminante douleur.
Ca s’oublie bien la douleur, quand elle à disparu. Mais tant qu’elle est là elle restreint un brin votre appareil cognitif et oriente ses forces dans un but principal, la soulager.
Dans cette histoire en ricochets sur la surface du lac de l’expérience c’est ce qui est venu faire echo avec les hurlements plus qu’occasionnellement stridents de ma progéniture et sa propension à vouloir me dévorer.
Le zombie avait peut-être mal ? Qu’il ait faim je le savais, c’est un basique, mais s’il avait une faim réellement dévorante ? S’il était tenaillé par la faim comme j’avais mal à la dent, mais avec une douleur à la énième puissance ? Si tout son esprit n’était plus que douleur et tension pour la faire cesser ?
J’étais très content, par ce biais, de me sentir un peu plus proche en esprit de la goule (remarquez au passage la parenté de goule et goulu) et m’en serais trouvé bien si seulement ma douleur consentait à disparaître. Ce qu'elle n'entendait pas faire. Car il y avait dehors quelque chose de décidé à me double taper pour que je comprenne autre chose.
La douleur à en effet commencé à se doubler d’une odeur puis d’un goût d’infection , caractéristiques et persistants .
Et là je dois dire que si j’avais moi-même conçu l’objectif de vivre d’un peu plus prés le mythe zombie j’aurais bîché grave : ces deux dimensions sensitives sont quasiement absente de toute expérience zombie acquise par la fiction.
Mais je m’en serais passé. Ce qui me rapprochait d’autant, d’ailleurs, de l’état du contaminé en cours de zombification.
Aussi n’ais-je pas particulièrement apprécié le tout dernier raffinement du processus d’objectivation auquel j’étais soumis, qui à voulu que dans la foulée je me nique le coccyx, ou plus exactement la 3éme vertèbre lombaire, et que je ne puisse marcher, à pas traînants, sans grogner voir crier de douleur.
L’expérience n’à finalement pas duré trop longtemps (ma douleur lombaire n’aura duré qu’un jour et demi et ma douleur et mon infection dentaire ont disparu sous 10 jours, suite notamment à un bon regrattage jusqu’à l’os de la mâchoire par M. Bricolage), et me voilà maintenant complètement dézombifié. Et à l’heure du debriefing je m’interroge et je vous interroge :
Y-a-t-il quelque chose à tirer de plus de ce vécu que ce que l’on ressort d’un bon train fantôme ?
Graph: Jace
Pourquoi pensais-je jusqu’ici que le mythe du zombie était une page blanche qui pouvait servir à écrire n’importe quoi ? Est-ce vrai ? Et le gore, alors, ça sert à quoi ? Et pourquoi n'ais-je pas plus aéré mon article?
aslan







TS

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